lancia-delta-20081Elégante et bien pensée, la nouvelle Delta oublie toutefois la sportivité qui faisait le charme de sa devancière. Suffisant pour trouver son public ?

Ancienne garante de la sportivité à l’italienne, notamment en Rallye avec l’inoubliable Delta HF Intégrale, Lancia ne s’est jamais habituée à son nouveau statut au sein du groupe Fiat, celui de marque de luxe, acquis après le rachat d’Alfa Romeo par Fiat en 1986. Et aujourd’hui, l’heure est grave : malgré une offre limitée certes mais plutôt bien pensée, seule la petite Ypsilon parvient à faire “ses chiffres”. Moins de ventes, donc un budget de développement moindre et forcément moins de nouveaux modèles. On peut expliquer ainsi l’échec du projet (magnifique) de Fulvia Coupé présenté en 2003. Du coup, pour maintenir l’illusion, la marque italienne a été contrainte d’user d’artifices, entre pseudo-restylages et séries limitées. Faute de mieux. Jusqu’à l’abus?

Un visage connu

Quatre ans après son dernier vrai lancement (la Musa en 2004), Lancia présente enfin un nouveau modèle, dont le seul nom fait déjà frémir les nostalgiques de la marque milanaise. Frémir seulement? Car le concept annonciateur HPE présente il y a deux ans avait annoncé la couleur. Celle d’un modèle n’ayant qu’un lointain rapport avec sa devancière, où l’esprit sportif s’inscrit désormais en filigrane, supplanté par d’autres préoccupations plus conformes au positionnement actuel de Lancia. A commencer par une certaine élégance. Ainsi par rapport au HPE, la “robe” n’a quasiment pas changé. On retrouve donc l’impressionnante calandre chromée plongeante magnifiée par des phares à LED, une ligne très profilée ou encore un pavillon de toit généreusement courbé.

Bien pensée

Même chose pour la poupe, fort originale, qui puise son inspiration à la fois chez des produits “maison” (les feux effilés de la grande Thésis) comme chez certaines rivales (la C30 de Volvo). Toutefois, à l’inverse de cette dernière, plus compacte que berline, la Delta hésite davantage entre les deux segments : ces formes généreuses (4,50 m de long ; 1,80 m de large et 1,50 m de haut) et son empattement de 2,70 m constituent de nouveaux records pour la catégorie. L’habitabilité devrait logiquement en profiter, mais aussi la modularité puisque Lancia annonce une banquette coulissante et inclinable. Côté coffre, aucun chiffre n’a été diffusé, mais si l’on se fie aux argument du concept HPE, la Delta devrait raisonnablement offrir au moins 400 litres. De quoi voir venir?

Plutôt typée confort

A l’intérieur, on retrouve sans surprise le style des Lancia actuelles, plus luxueuses que sportives. De même, reposant sur une plate-forme de Fiat Bravo allongée visuellement réussie mais assez quelconque sur le plan dynamique, la Delta préfèrera sûrement le côté policé des axes autoroutiers à la sinuosité des routes du Monte Carlo menées plein pot. Pour autant, le confort et la sécurité devraient être au rendez-vous avec la présence d’une suspension active et d’un ESP de dernière génération. Sous le capot enfin, Lancia tente d’entretenir le mystère, mais il ne fait déjà aucun doute que la Delta reprendra les blocs de la Fiat Bravo, avec notamment la nouvelle gamme essence T-Jet, ainsi que des Diesel allant jusqu’à 200 ch.

Obligation de résultats

Le décor est donc planté et sur le papier, il paraît plutôt alléchant. Reste maintenant s’il parviendra à convaincre les “historiques” du modèle, et -surtout- s’il arrivera à séduire une nouvelle clientèle. La condition sine qua non à sa réussite? et à la survie de la marque turinoise fondée en 1906.
Jean-Philippe Jourdan

 

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